ParisAbidjan : Comment est née l’aventure Green Project Africa ?

Matthieu Gonzalez : Tout a commencé il y a 20 ans, lorsque les deux frères Christophe et Marc Gallais se sont pris d’amour pour la Côte d’Ivoire et s’y sont installés. Ces deux entrepreneurs ont constaté au fil des années un appauvrissement des conditions sociales et environnementales du pays. Ils ont donc décidé de créer et de lancer en 2017 une ONG prônant les valeurs du développement durable, de la protection environnementale et sociale. Pour mettre en place ce projet, ces deux entrepreneurs ont fait appel à mes services pour la réalisation de l’étude de marché, le diagnostic mais également la recommandation stratégique. C’est donc en 2017, après plusieurs mois d’analyses, que l’aventure GPA a vu le jour.

 

PA : Pouvez-vous résumer la démarche de Green Project Africa ?

MG: L’objectif de Green Project Africa est de sauvegarder et d’améliorer le contexte social et environnemental en Côte d’Ivoire en créant de la richesse et en mettant en avant les richesses locales. Pour cela, nous avons identifié quatre thèmes : gestion des déchets, maraichage et permaculture, valorisation des cocoteraies, pêche artisanale. Nous travaillons sur ces thèmes via des actions variées au sein de deux pôles : le pôle média et le pôle micro projet.

 

PA : Parlez-nous du pôle média, quelles sont vos actions ?

MG : Le pôle média a pour rôle d’être un lanceur d’alerte et de sensibiliser les populations et les pouvoirs publics en mettant en avant les initiatives locales via des outils de communication digitaux ou d’actions en direct. Nous avons donc lancé en juillet 2017 notre premier webzine (deux autres sont sortis depuis). Ces webzines traitent d’un sujet de fond comme « Assinie, la face cachée d’un paradis controversé », puis nous donnons la parole à des acteurs locaux. Nous travaillons également sur des vidéos (format court pour toucher un public large), ou encore sur un site internet qui sera lancé prochainement. Nous intervenons aussi dans les écoles et les quartiers sous forme d’actions de sensibilisation.

 

Zana Coulibaly : Un autre axe de ce pôle est la prévention et la sensibilisation, par la mise en avant des valeurs du développement durable : préserver les générations présentes sans compromettre les générations futures. Nous allons dans les écoles, les quartiers pour former et sensibiliser les jeunes aux problèmes environnementaux, au développement durable. Le but est d’expliquer de façon ludique en impliquant les jeunes et en leur donnant la parole. Par exemple, dans une école d’Adjamé [quartier d’Abidjan], nous avons pris des photos des lieux connus par ces enfants et leurs avons demandé d’expliquer ce qu’ils voyaient et de mettre en avant les actions qu’il fallait mettre en place pour lutter contre ces dégradations. Cette sensibilisation passe également par la mise en place de clubs projets environnement et santé et le développement de jardins potagers au sein des écoles.

 

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PA : Et le pôle micro-projet, dites-nous en plus ?

MG : Le pôle micro projet est l’application des actions de sensibilisation par la mise en place de projets liés à la gestion des déchets, la pêche artisanale, la valorisation des cocoteraies, le maraichage et la permaculture. En ce qui concerne la gestion des déchets, notre objectif est de prendre en compte l’intégralité de la chaîne du ramassage jusqu’à la transformation en passant par la sensibilisation des institutions. Nous mettons donc en place des actions de ramassage des déchets (plages entre Mondoukou et Assine), nous nous associons avec des entreprises de gestion des déchets à Yopougon et à Adjamé, et nous soutenons la filière de recyclage des déchets plastiques (UVD : fabrique des pavés plastiques) qui manque de structures et de moyens. En ce qui concerne la pêche artisanale, nous intervenons dans l’apport de matériel aux pêcheurs de Mohamé (moteur, pirogue, filets) qui chaque jour subissent les pêches massives des chalutiers. Notre action s’étend également à la sensibilisation des autorités par la réalisation de dossiers revalorisant et défendant la pêche locale.

 

PA : Quelles sont les actions de ce pôle dans la valorisation des cocoteraies, le maraichage et la permaculture ?

MG: Afin de mettre en avant les richesses locales liées à la cocoteraie, nous travaillons sur un projet de fabrication meubles en bois de coco qui seraient vendus à Abidjan ainsi que sur la mise en place de formations à l’utilisation des machines d’ébénisterie. Pour ce qui est du maraichage et de la permaculture, nos actions sont fondées sur trois valeurs : prendre soin de la terre, prendre soin de l’homme et partager équitablement. La mise en application de celles-ci permet de lutter contre l’exode rural et la sécurité alimentaire et donc de revaloriser les campagnes, de permettre à tous de vivre convenablement. En ce sens, nous travaillons donc sur différents projets tels que des partenariats avec des professionnels du maraichage et de la permaculture à Assinie et Yopougon afin de créer des jardins de culture biologique et l’ouverture d’une école de permaculture publique près de Mohamé.

 

PA : Quels sont vos prochains projets ? Comment allez-vous vous développer ?

MG : Nous sommes une jeune ONG et les idées sont nombreuses. Dans les mois et années à venir, nous allons développer un réseau d’écovillage avec des écoles de formation à la permaculture, mettre en place un village témoin en auto-gestion recensant plusieurs activités (ébénisterie, maraichage, …) à Mohamé (Assinie), développer notre zone d’intervention en prenant l’intégralité de la chaîne. Pour réaliser tous ces projets, Marc Boucher et Nathalie Coppeti ont récemment rejoint l’aventure au sein de l’équipe dirigeante de GPA. Et nous restons d’ailleurs en veille de nouveaux collaborateurs, de bénévoles mais nous recherchons également des partenaires pour finaliser certains de ces projets, des bailleurs de fonds, des fondations, des investisseurs, ou des donateurs.

 

 

Propos recueillis par Aurore Lequenne

Par Rédaction ParisAbidjan le 18 avril 2018